Michel Giraudy : "Nous avons une région qui nous écoute"

23 mai 2016 - 838 vues
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Michel Giraudy, maire de Bourg-Saint-Maurice les Alpes et président de France Montagnes, était présent au congrès de l'ANMSM. L'occasion pour lui d'évoquer la nouvelle communication mise en place par France Montagnes et les idées pour attirer la clientèle l'été.

Michel Giraudy, France Montagnes a connu un grand succès avec le Printemps du Ski après un début de saison très difficile.

C'est exact. Il faut être modeste aussi. Il y a eu du beau temps au mois de mars. Fin mars, début avril, il y avait des vacances britanniques et belges qui ont été très fortes. Les conditions étaient bonnes. La neige était là. L'année prochaine, je pense que ce sera encore mieux, puisque les Parisiens vont être en vacances début avril. Pâques sera à la mi-avril. On renforce le mois d'avril.

Un calendrier favorable sur lequel l'ANMSM a travaillé. C'était obligatoire quand on voit que la France a perdu sa place de première destination mondiale du ski.

Il est favorable puisque chacune des 3 zones a au moins une semaine en avril. Deux plus une pour la dernière zone (cela tourne chaque année). On avait intérêt à démontrer que cette avancée du calendrier était une bonne chose. On l'a fait.

France Montagnes a mis en place une nouvelle stratégie de communication.

Au lieu d'acheter de la pub dans des pages de magazines, ou prendre de la pub sur une télé ou autres, on a préféré passer des partenariats avec des grands médias nationaux et internationaux (Grande-Bretagne, Belgique,...). Ils nous amènent à une continuité d'information avec des magazines mensuels voire hebdomadaires. Des news que l'on pouvait sans arrêt lancer sur ces sites. Des contenus que nous produisons et repris par ces partenaires (Gulli,...).

"Les enfants sont un peu décideurs aujourd'hui"

L'objectif était de toucher les enfants ou les parents ?

Les enfants sont un peu décideurs aujourd'hui et comme les mamans regardent souvent la télé avec eux, c'est une bonne cible. Ca a très bien marché. Nous sommes aussi partenaires avec MYTF1. Un magazine a été créé (Montagne Inside) avec Sandrine Quétier et des sujets que l'on envoyait. Chaque magasine avait 4/5 sujets qui se suivaient et que l'on filmait. Dans la presse, nous avons Libération. C'était risqué au début. C'est un journal qui, comme son nom l'indique, se livre avec des titres toniques. Avec Libération, on touche beaucoup de jeunes parisiens un peu argentés qui aiment faire la fête. C'est un partenaire formidable qui a fait plus que ce qu'on lui demandait. Ce dernier a doublé notre contrat par rapport à ce qui a été édité. Enfin, la chaîne qui monte : D8, avec Hanouna et compagnie. Ils ont fait ça à leur façon, avec un esprit de fête, de rigolade. C'est une bonne expérience que l'on va poursuivre en affinant des choses. On va voir s'il faut toujours garder les mêmes médias. Je pense qu'il faut varier, faire tourner, qu'un nouveau entre dans la danse chaque année et qu'on ne soit pas marié avec des médias pour toujours. On va produire plus : les contenus sont envoyés par les stations. Ca n'empêche pas que dans les réseaux on envoie beaucoup de contenus. Petit à petit, on parle de neige. On a bien géré avec ces médias les aléas de la saison.

Comment faire venir la clientèle l'été ?

Il faut montrer les belles images de la montagne. Ce sont les gens qui la pratiquent, la connaissent ou qui aimeraient y aller qui doivent s'exprimer. Tous ces gens donnent envie de venir l'été, parce que la montagne est un cadre majestueux. On peut se reposer, marcher. Je suis un marcheur et chaque année je me fais « ma cure » en faisant le tour du Mont Blanc en solitaire. Tous les problèmes se dénouent petit à petit en marchant. La marche donc, les paysages magnifiques et sans oublier le sport aussi. Les stations sont très équipées. Sommes-nous des parcs d'attractions ? Oui, mais il ne faut pas le dire. Nous sommes des parcs dans la nature formidables. On se sert de la déclivité pour les grands manèges (grands parcours en luges, accrobranches, tyroliennes). On commence à utiliser les remontées mécaniques pour avoir les mêmes sensations que l'hiver. On a des milliers de remontées mécaniques qui dorment 8 mois par an. Savoir s'en servir comme attraction l'été... Même chose pour le VTT qui peut remonter les pistes en télésiège. Je fais un comparatif avec les vrais parcs d'attractions. Si vous allez en Floride ou autres, c'est titanesque. C'est un pays plat, il n'y a rien. Toutes les attractions se font grâce à la déclivité. Nous, on a la déclivité et les engins pour monter. Il faut trouver des idées pour donner des sensations. Les jeunes sont prêts à faire 1000 kilomètres pour aller là-bas.

Des annonces positives ont été faites par Laurent Wauquiez, Président de votre région Rhône-Alpes Auvergne. A la clé 250 millions d'euros d'investissements pour Rhône-Alpes Auvergne, pour développer l'enneigement artificiel.

Au moins, nous avons une région qui nous écoute, nous parle et nous reconnaît comme puissance économique formidable. La Tarentaise, c'est 3 milliards d'euros de chiffres d'affaires, 35 000 emplois.

"Tout se joue sur le produit"


C'est une vitrine de la France dans le monde entier...

Cette vallée a été faite pour le ski. Chaque village pouvait faire sa station dans l'alpage. Le relief est doux, le climat agréable, l'accès facile avec le TGV et autres. La région Rhône-Alpes d'aujourd'hui reconnaît que cette activité pèse très lourd et que l'on a besoin d'investir. L'investissement est au quotidien. Tout se joue sur le produit, plus que la communication. Il faut que la production soit bonne. Il faut que chacun à sa place investisse, qu'on ne fasse pas les malins en disant  « on est les meilleurs ». Toujours se demander qu'est-ce que l'on peut faire de mieux pour nos clients dans tout le cheminement, que ce soit dans une gare à Bourg Saint Maurice, la montée en station, l'accueil, l'hôtesse, le serveur, le restaurant.. Tout cela doit être parfait. Ca ne veut pas dire cher, ça veut dire un bon rapport qualité-prix. Quand c'est bien, ça marche. Dans les stations, vous avez des hôtels qui marchent très bien et le voisin ne marche pas. Ca veut dire que l'un des hôteliers investit régulièrement, sait accueillir, commercialiser. L'autre se demande ce qui se passe car il n'a rien fait dans son hôtel depuis 20 ans. Dans les chiffres, sur 100 personnes, vous en avez 75 qui déclenchent un séjour par du bouche-à-oreille. La publicité ne compte que pour 10%. C'est considérable. La communication se fait sur le produit derrière.

 

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