Laurent Reynaud : « Il faut jouer collectif »

20 mai 2016 - 1251 vues
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Laurent Reynaud, Délégué de Domaines Skiables de France, était présent au congrès de l'ANMSM. Ce dernier a détaillé l'importance du partenariat entre son entreprise et l'ANMSM.

Laurent Reynaud, rappelons le rôle de Domaines Skiables de France.

Nous rassemblons des entreprises de remontées mécaniques et domaines skiables. Il y en a un peu plus de 200 en France, une trentaine sur les Alpes du Sud, une centaine dans les Alpes du Nord et aussi dans les Pyrénées, les Vosges, le Jura, le Massif Central, jusqu'en Corse. Toutes ces entreprises, grandes, petites, publiques, privées, quel que soit le massif auquel elles appartiennent adhèrent à ce syndicat. Nos missions sont d'informer, représenter et défendre les entreprises de remontées mécaniques et domaines skiables. C'est tout naturellement que nous sommes ici à Nice pour le congrès de notre premier partenaire (l'ANMSM). Ces maires sont soit des exploitants de remontées mécaniques et domaines skiables lorsqu'ils exploitent en régie ou qu'ils président des sociétés d'économies mixtes, ou ils sont délégants lorsque l'exploitation du domaine skiable est confiée à un délégataire de service public.

L'ANMSM est un partenaire important pour vous puisque vous avez créé ensemble France Montagne.

On a fait et on continuera de faire énormément de choses ensemble. Il n'y a pas de champion sans équipe. L'équipe de France, c'est l'ANMSM, la Fédération Française de Ski. Toute cette équipe travaille la main dans la main. C'est encore plus vrai ces dernières années, avec des synergies très fortes trouvées à tous les niveaux pour que les énergies s'additionnent. La montagne est quand même un petit territoire en terme de population à l'échelle française. Quelles que soient les réformes envisagées (nouvelle organisation territoriale de la République,...), qu'elles soient fiscales ou autres, la montagne a toujours le risque d'être oubliée, parce que minoritaire. On n'est pas assez riche ou nombreux pour se permettre de tirer chacun dans notre coin. Il faut jouer collectif.

« La montagne a toujours le risque d'être oubliée »

La montagne est un poids lourd économique. On pense notamment au tourisme qui n'est pas tout seul. Il y a aussi les fournisseurs des remontées mécaniques, ceux qui gèrent l'aménagement. La France est un leader mondial dans ce secteur.

Certains fournisseurs sont ici parce que, si les emplois les plus visibles créés en station sont les restaurateurs, hébergeurs,... les touristes ne voient pas la manière dont cette économie ruisselle du haut vers le bas et des fournisseurs qui sont implantés à Chambéry, Nice,.. où on trouve des entreprises qui conçoivent et réalisent des solutions. Ce sont des produits, des innovations immatérielles dans certains cas. Tous ces fournisseurs existent et représentent une partie des emplois et de la richesse créée par et dans les stations.

Quels sont les défis à relever pour les opérateurs, les sociétés de remontées mécaniques face à la numérisation ?

Ils sont nombreux. On les partage avec les maires des stations de montagne. Evidemment, le numérique. Être relié à très haut débit, c'est déjà être désenclavé pour des zones difficiles d'accès. C'est aussi le défi des lits froids, de la réduction de l'aléa climatique qui impacte en premier lieu nos emplois et notre capacité à employer l'ensemble des salariés des stations. Nous, Domaines Skiables de France, nous conduisons ces défis-là comme hommes de terrain, avec comme relais élus et politiques en la personne de l'ANMSM.

Deux annonces positives ont été faites par Christian Estrosi, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Laurent Wauquiez, Président de la Région Rhône-Alpes Auvergne. A la clé pour la région PACA, 100 millions d'euros d'investissements et 250 millions pour Rhône-Alpes Auvergne, pour développer l'enneigement artificiel.

Il y a une forme d'alignement des astres que l'on voit dans ces deux régions. J'espère que d'autres prendront exemple. C'est une vraie prise de conscience de l'importance que peut avoir pour le territoire régional la montagne en général et plus particulièrement l'emploi dans les stations de montagne. On a un déficit d'investissement dans la neige de culture par rapport à nos concurrents européens. Les deux régions l'ont bien compris.

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