Christian Reverbel : « Tout le monde est « météo réactif » »

20 mai 2016 - 1231 vues
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Organisateur de rencontres météo montagne, Christian Reverbel était présent au congrès de l'ANMSM. L'ancien directeur du domaine skiable de l'Alpe d'Huez nous explique le but recherché par ces rencontres météo et quel impact elles ont eu.

Christian Reverbel, expliquez-nous l'histoire de ces rencontres.

C'est un événement que j'avais mis au point il y a quelques années du côté de l'Alpe d'Huez. Le président de l'ANMSM Charles-Ange Ginésy a souhaité que cet événement reprenne de la vigueur puisqu'il a été arrêté quelque temps. Il veut qu'il soit également tournant. L'année prochaine, il aura lieu à La Plagne. La date n'est pas encore définie. On est persuadé qu'avec l'éclatement des réseaux sociaux, tout le monde est « météo-réactif » ou « météo-décideur ». La météo est quelque chose d'important parce que les gens partent du principe que lorsqu'ils dépensent de l'argent sur n'importe quel site (montagne ou mer), ils ont besoin de comprendre les choses, d'estimer la probabilité du temps qu'il fera ou non, de savoir ce qui les attend notamment l'hiver, les conditions dans lesquelles ils vont évoluer dans la station qu'ils auront choisie.

Quels types d'intervenants seront présents lors ces rencontres ?

Au départ, ce que j'avais souhaité, c'était d'améliorer la qualité des bulletins. On s'était rendu compte dans les années 98 que les bulletins diffusés dans la presse étaient réducteurs, manquaient d'éléments de données (il y a de la neige, il y en a trop, pas assez...). Je me suis dit qu'on allait rapprocher les professionnels de la montagne, de la neige, que je représentais à l'époque en tant que directeur du domaine skiable de l'Alpe d'Huez. Les professionnels de la communication et de la météo que vous entendez et lisez tous les jours.

« On a réussi à faire comprendre que l'épaisseur de neige ne compte plus »

Depuis ces premières rencontres, il y a eu une vraie évolution dans la réalisation de ces bulletins.

On a beaucoup progressé dans la façon de communiquer, dans la sémantique, dans les mots qu'on utilise. On a réussi enfin à faire comprendre que l'épaisseur de neige ne compte plus dans les stations. On a réussi à prouver aux gens que même si la neige ne tombe pas du ciel, les outils sont là. Il faut qu'on possède ces outils. La neige naturelle est présente, mais lorsqu'elle ne l'est pas, il faut faire en sorte que la scène puisse se jouer, que les vacances puissent se dérouler parce que les gens ont confiance en nous et qu'ils doivent absolument venir passer leurs vacances. On a montré qu'avec 10/15 cm de neige de culture, un peu de neige naturelle qui n'aurait pas été suffisante pour que l'on ouvre la station, on arrive à ouvrir nos stations et proposer un ski de qualité.

Quels types de progrès reste-t-il à faire en matière d'information météo ?

Beaucoup de progrès en termes de sécurité sur la consommation de nos domaines skiables. Il reste encore à expliquer une fois de plus comment apprécier la qualité d'un domaine skiable qui dépend d'un système très professionnel : les exploitants du domaine skiable sont des professionnels : des gens s'occupent de la montée, d'autres de la descente, certains qui s'occupent de vous apprendre à faire du ski et d'autres qui vous disent ce qui est jolie. Domaine Skiable de France d'un côté, les services des pistes de l'autre. L'Ecole du Ski Français en troisième et enfin l'office du tourisme. Vous avez aussi les promoteurs. Je veux rendre hommage au message de Michel Vion qui a parlé de l'image magnifique que les coureurs de l'équipe de France de ski peuvent donner à la France. Aujourd'hui, c'est capital. Regardez comment l'industrie automobile se sert de ses champions pour vendre ses voitures. Pourquoi ne pas faire la même chose et dire : identifiez-vous à eux. Je suis très fier de mon pays, de ma montagne et mes champions. Il nous reste à progresser sur des outils qui n'existent pas. J'aimerai que l'on mette en place des plateformes de service dans lesquelles les journalistes chargés de la communication de la météo tout l'hiver puissent venir piocher des images, données, renseignements pour construire leur bulletin. On est en relation avec eux et les responsables des services météo pour leur apporter quelque chose. N'oubliez pas qu'un journaliste est libre. On ne peut pas lui dire « vous allez dire ça et ça ». Il faut simplement lui dire : « voilà qui on est, ce qu'on est capable de faire, ce que vous pouvez dire et ce que le client peut avoir quand il va venir dans telle ou telle station .

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