Charles-Ange Ginésy : « Les maires des stations de montagne sont des protecteurs de l'environnement »

20 mai 2016 - 1244 vues
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Le député-maire de Péone-Valberg, Charles-Ange Ginésy, s'est exprimé sur les prochains défis qui attendent l'ANMSM (qu'il préside) dans le futur lors du congrès de l'association.

Charles-Ange Ginésy, quelles sont vos premières impressions après l'ouverture de ce congrès de l'ANMSM ?

70 ans d'actions, de passion, d'existence, de résultats. Ce résultat, nous l'avons mesuré et essayé en quelques mots de démontrer tout ce que cette association a pu faire au bénéfice des stations de sports d'hiver dans un premier temps et puis plus largement aujourd'hui au bénéfice des stations de montagne. Tout cela dans un climat de convivialité, d'amitié.

C'est la grande famille de la montagne qui est réunie.

Au-delà de l'Association Nationale des Elus de la Montagne, il y a l'Association des Communes Touristiques, Domaines Skiables de France, les écoles de ski, l'ensemble de tous les partenaires qui travaillent sur la montagne. Ils sont là, manifestent leur adhésion, leur union, leur soutien et solidarité avec les maires puisqu'ils travaillent tous les jours avec eux. C'est cette construction que nous souhaitons faire pour défendre au mieux ce territoire.

«  Nous voulons vivre du tourisme mais on ne peut pas en vivre si on dégrade l'environnement »

Quels sont les défis à relever pour les maires des stations dans un avenir proche et à plus long terme ?

Dans un avenir proche, nous sommes toujours sur ce transfert de la compétence touristique qui a été amené par la loi Noble votée au mois de juillet 2015. Il y a toujours cette difficulté, dans laquelle nous nous retrouvons avec la dotation globale de fonctionnement. Il y a aussi une difficulté avec le fonds de péréquation, le fameux pic qui fait que l'on prend aux riches pour donner aux pauvres. Mais on prend vraiment beaucoup aux stations de montagne. C'est-à-dire que les maires sont des chefs d'entreprise et se trouvent amputés dans leur budget, au titre de la solidarité territoriale sans que pour autant on puisse dire que les communes et maires de montagne roulent sur l'or. Tout cela, nous voulons le corriger. Le grand chantier sur lequel nous travaillons, qui sera un des enjeux d'avenir, c'est l'acte II de la loi montagne. Nous sommes très mobilisés derrière ce rapport de Bernadette Laclais et d'Annie Genevard qui portent quelques espérances. Notre association a contribué à dire ce que nous souhaitons. Les enjeux sont là. Il y a des espérances. Ces dernières, on les bâtit sur le développement durable, l'environnement. On a envie d'afficher ce que les gens n'ont pas toujours compris. Les maires des stations de montagne sont des protecteurs de l'environnement. Nous voulons vivre du tourisme mais on ne peut pas en vivre si on dégrade l'environnement. Luttons contre les gaz à effet de serre, moins de consommation carbone. Et puis, nous sommes dans l'ère du numérique. C'est une réalité.

« Cette expérience, j'ai envie de la faire partager aux autres départements »

Il faut permettre l'arrivée du très haut débit. On peut espérer la fibre demain dans toutes les stations ?

C'est ce qui a été décidé sur un plan départemental pour les Alpes-Maritimes. Nous le construisons avec cette volonté de 100% fibre dans toutes les communes d'ici 2021. Nous avons un plan de 90 millions d'euros sur une première tranche, avec un portage des fonds de l'Etat, de l'Europe, du département avec Eric Ciotti qui m'a demandé de mener ce projet, de la Région où le Président Christian Estrosi s'est fortement mobilisé dessus, sans oublier les présidents des Intercommunalités. Cette expérience, au travers de l'association, j'ai envie de la faire partager aux autres départements, comme la Haute-Savoie, qui a lancé quelques expérimentations sur le sujet. C'est le rôle de l'association d'être un lieu d'échanges qui permet de dire « ce que l'on fait à cet endroit peut être dupliqué, ou pas, ou de manières différentes.

Deux annonces positives ont été faites par Christian Estrosi, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Laurent Wauquiez, Président de la Région Rhône-Alpes Auvergne. A la clé pour la région PACA, 100 millions d'euros d'investissements et 250 millions pour Rhône-Alpes Auvergne, pour développer l'enneigement artificiel.

Christian Estrosi a frappé très fort en annonçant cette aide que nous n'avons jamais eue en PACA. Laurent Wauquiez a mis l'accent sur un domaine qui nous est cher : la neige de production. Cette année, si nos stations n'avaient pas été équipées avec cette neige, nous n'aurions jamais eu le rebond que nous avons connu au début du mois de mars, ni le succès du Printemps du Ski lancé par France Montagne. Nous aurions eu une saison catastrophique. Le président de la Région Rhône-Alpes Auvergne a annoncé des aides majeures en termes d'équipements de neige de production. Christian Estrosi est resté beaucoup plus large avec des annonces très fortes et une volonté de faire des « SmartStations » qui sont à la fois la gestion des flux. Il faut poursuivre. Nous avons un partenariat avec Orange, Ineo, IDF, avec qui on va également aller sur les économies d'énergie que l'on peut réaliser. Tout cela sont des concepts que nous allons devoir utiliser. On peut les intégrer dans la révolution du numérique. En même temps, cette révolution peut être l'arrivée de nouveaux usages. On voit que les videos-zones sont des moments partagés par tous les internautes, que les jeunes apprécient particulièrement. Il faut inventer quelque chose de nouveau et nous sommes là pour accompagner ces mouvements.  

 

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