Camille Rey Gorrez : « mobiliser et accompagner les territoires »

20 mai 2016 - 1585 vues
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Membre de l'association « Mountain Riders », Camille Rey Gorrez a présenté les actions mises en places par son organisme pour lutter contre les déchets. L'occasion aussi pour cette dernière d'exprimer la position de son association sur les prochains investissements annoncés en montagne.

Camille Rey Gorrez, c'est la période ramassage de déchets en ce moment.

« L'association organise une campagne de ramassage de déchets en montagne depuis de nombreuses années. C'est une mobilisation qu'on essaie de dynamiser d'année en année. On s'attache à rappeler que les déchets en montagne, ce n'est pas un dossier clos. Malgré les ramassages, on retrouve quand même des déchets. Alors effectivement on note une diminution, ça c'est positif. La mobilisation doit continuer, d'autant plus que les ramassages sont de vrais actions sympathiques, festives, fédératrices sur un territoire. On invite tous les acteurs, pratiquants, citoyens, élus, socio-professionnels, à participer à ces évènements qui sont pour nous le premier pas dans une démarche de durabilité.

Comment fonctionnent ces ramassages ?

Notre rôle est de mobiliser, motiver chaque territoire à l'organisation de son ramassage. On n'est pas là pour faire « à la place de » ni pour être les éboueurs de la montagne, mais pour accompagner, favoriser le changement. C'est ça notre travail. Généralement, sur chaque campagne, on a une centaine de territoires qui organisent des ramassages en France. Il en manque encore. Vous avez jusqu'en septembre pour organiser votre ramassage et nous sommes là pour vous aider.

"Mettre en avant les initiatives positives des territoires de montagne"

Un nouveau label « Flocon Vert » existe depuis plusieurs années porté par l'association Mountain Riders.

On le co-porte parce qu'on s'est entouré d'un comité de labellisation. C'est important de partager cette démarche. C'est un label qui vise à favoriser, mettre en avant toutes les initiatives positives menées par des territoires de montagne qui sont dans une démarche d'exemplarité. On est bien dans un label d'excellence qui permet aux clients, aux touristes, de connaître et de se rendre dans des territoires qui s'engagent sur des thématiques des déchets, de l'eau, de l'énergie, de bonne gestion du domaine skiable, du tourisme quatre saisons, du tourisme au handicap, de l'accueil des familles, de la gouvernance et comment les acteurs travaillent ensemble. C'est un label qui a une vision très systémique, large et permet aux élus, acteurs du territoire de valoriser tout le travail mené au quotidien.

Combien de stations ont obtenu ce label ?

Trois stations sont labellisées (Les Rousses dans le Jura, la Vallée de Chamonix Mont Blanc et Chatel en Haute-Savoie).

Après les annonces des différents investissements par les différents présidents de régions (PACA, Rhône-Alpes Auvergne), notamment sur la neige de culture, allez-vous tenter de sensibiliser les élus pour qu'ils aient une approche qui corresponde au développement durable ?

On entend ces annonces, on ne se bouge pas les oreilles. On essaie de les comprendre. On a le sentiment de faire un bond en arrière avec ce nouveau plan neige. Malheureusement, on est bien dans le présent et on va faire avec et surtout continuer de travailler avec les territoires, les élus. Notre rôle est de les accompagner dans ces démarches.

"Sans le ski, on se pose encore des questions aujourd'hui"

Tout cela peut-il être compatible ? "Sans le ski, on se pose encore des questions aujourd'hui"

Pour nous, le tourisme de demain n'est pas dans la montagne avec une neige 100% garantie. On parle depuis des années de diversification touristique, d'agriculture, d'été, de printemps. La montagne, ce n'est pas que la neige. Sans le ski, on se pose encore des questions aujourd'hui. Notre position est surtout d'essayer de comprendre ce qui se passe et d'apporter des solutions, notamment avec le label Flocon Vert qui aide les stations de montagne à se poser ces questions de manière collective. L'innovation, elle n'est pas que technologique mais aussi sociale, dans ce que chaque citoyen a sur son territoire. La diversification passera par-là. Il faut ouvrir des espaces d'échanges, de construction. Le développement durable est incontournable en montagne pour la pérennisation de nos activités. Tout cela doit se faire collectivement.

C'est pour cela que vous organisez un forum à Gap, pour rencontrer les acteurs de la montagne et les sensibiliser ?

L'idée est de travailler de manière collective, avec toutes les personnes qui travaillent en montagne pour réfléchir à quel est le tourisme de demain ? Qu'est-ce qu'on fait du changement climatique, de la pluri-activité ? Des experts seront présents mais on compte surtout sur les participants (élus, citoyens, …) pour venir participer à cette journée de demain et construire ensemble la montagne de demain.  

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